Ottawa 2017, l’expérience qui entre

L’expérience s’acquiert lorsqu’on ne lit pas le manuel – Inconnu.

Dimanche 6:30, mon cellulaire me fausse un air synthétique en guise d’alarme.  Mais ce n’est pas grave, c’est ce matin mon demi à Ottawa.  L’événement qu’on attend depuis la fin du demi à Ottawa en 2016 !

La météo nous annonce un beau 16*C pour le départ, soleil et nuages, bref, une belle matinée.  Mon kit est prêt, mes jambes sont prête et mon moral aussi. Tout est en place pour une course mémorable !

On rejoint le groupe des Riverains en face du café qui n’a plus besoin d’introduction.. non, pas Tim.. euh non, ni 2nd Cup.. l’autre là ou toutes les jeunes trentenaires en Uggs vont chercher leur latté aux épices d’automne.. enfin.  Arrivé sur place, je lâche mon premier de plusieurs (innombrable même) tabarnak ! Non pas que je viens de voir mon beau-frère, mais parce que j’ai oublié son dossard dans la chambre.

Donc petit job de réchauffement et de zigzag entre les coureurs qui sont de plus en plus nombreux sur place. Arrive à la chambre…. oui oui, j’ai ma clé !!!  Attrape le sac avec le dossard, je m’assure que c’est le bon sac, verrouille la porte et hop, re-réchauffement et re-zigzag entre les coureurs qui semblent tous s’être donnés rendez-vous au départ !!!

Grâce à moi, on reprend la photo de groupe parce que j’étais parti me réchauffer en zigzagant dans la foule de coureurs qui s’étaient donnés rendez-vous au départ.

On s’enligne ensuite vers notre couleur de coral, et on attend, comme des sardines en Saucony.  Bâtard qu’il y a du monde.. j’adore ce bain de foule !  Il y a de l’électricité dans l’air, j’en ai des frissons, j’ai hâte de partir.

5-4-3-2-1- GO !!  BONNE COURSE…. et là on marche.. et on marche jusqu’à l’arche du départ.  Clic la montre et hop, jog léger pour commencer, pas trop le choix, on est encore en mode sardines.

Je cours avec Martin, mon beau-frère de tantôt. On jase, on rit, le peloton commence à s’étirer, on a un peu de place.  On cherche les trous afin de prendre notre allure. Les premiers kilomètres passent sans qu’on s’en rende compte. Il fait beau, il fait chaud, mais c’est normal puisqu’on court, la vie est belle.

Entre le 5ème et le 6ème km, je distance Martin qui sagement, garde son rythme. Moi, je me dis que ça va bien, les jambes sont là alors go, on rattrape ce lapin de 2h. Il fait chaud, mais c’est normal, je cours après tout.

Ma montre me sonne le km #10: Temps de 56:38, pas mal dans l’objectif à ce point-ci. Oh yes, ça va bien, il fait très chaud mais c’est normal, je vais boire plus aux stations d’hydratation et m’en verser un ou deux sur la tête.

BANG !  Mais depuis quand la ville d’Ottawa a mis un mur là ?!  Il n’y était pas l’année dernière ?!?  Crevaison, panne d’essence, plus de jus !  Je me dis que non, ce n’est pas possible, ça allait si bien !!!  Je me fais passer par des coureurs que j’avais passé et ce n’est pas cool ça.  Et en plus, il commence à faire vraiment chaud là !!  Ok, je marche un peu et je repars.. maaaiiiis non.

La tête ne sais plus si elle le veut et les jambes semblent n’en faire qu’à leur tête.  Le corps n’est plus en symbiose avec l’esprit. J’ai beau me parler, rien à faire, je suis au point où chaque mot d’encouragement que je me dis et tout de suite suivi par un juron de mon autre moi qui en a décidément plein la casquette… et puis BORDEL QU’IL FAIT CHAUD !!!

Ce n’est pas vrai que je vais marcher les 10 derniers km !!!  Puis arrive une petite tape sur l’épaule.  Marie-Noëlle m’a rejoint. Elle me lance un lets go, on lâche pas.  Je me remets en course à sa suite, espérant que la mécanique prenne le dessus.  Nous faisons quelques km ensemble et mon rythme revient… pour un temps seulement et là BANG !  Un autre mur ! Une autre marche, un autre moment à m’obstiner avec moi-même et je peux vous dire que j’ai la tête dure !!!

Ramasse une éponge et monte le pont qui nous ramène à Ottawa et la fin de cette merveilleuse course.  Oh.. un photographe, je me remets à courir, ça l’air que mon orgueil est plus fort que ma tête dure !  Et là, plus question d’arrêter !!!

Les trois derniers km ce sont fait à 6:15, 6:00 et 5:30 respectivement, j’avais hâte de la finir parce que là, il commençait à réellement faire chaud en calvaire !

Temps de course : 2:14:27, au moins 15 minutes sous mon objectif !!! Une course riche en déceptions, mais aussi en leçons !  Ah oui, je vous ai dit qu’il faisait chaud ?!  J’ai déjà vu les photos et je vous confirme qu’il n’y a aucun fun dans ma face.

En effet, une course mémorable…

Donc, en 2018 je ne ferai pas le demi d’Ottawa…. je vais faire le full !

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Au rythme de nos foulées, l’envers du dossard.

Dimanche le 14 mai, avait lieu la course Au rythme de nos foulées, dans mon petit patelin de Châteauguay. Lors de l’édition 2016, j’y avais couru mon meilleur 10km, temps qui tient toujours d’ailleurs. Les profits de cette journée vont en partie à des oeuvres de la région de même qu’au club de course auquel j’appartiens depuis un an maintenant : Les Riverains.

Tout ça pour dire que je voulais m’impliquer pour l’édition 2017, redonner un peu au club qui m’a déjà beaucoup apporté dans cette première année. Et tant qu’à m’impliquer, pourquoi ne pas y aller pour de vrai : Je donne mon nom en tant que responsable des inscriptions, rien de moins pour une première !

Qu’est-ce que ça fait un responsable des inscriptions ?  Eh bien la première année, ça apprend !! Et pour apprendre, j’ai appris !  Je vais être mieux préparé en 2018. Oui, j’ai bien l’intention de reprendre mon rôle.

Ça entre aussi des inscriptions de groupe manuellement… à 23h un mercredi soir.  Ça assiste à quelques rencontres toujours agréables (nous avons un beau comité pour 2017!).

La veille de la course, on prépare les dossards en y apposant les collants identifiant les dossards aux coureurs.. ou les coureurs au dossards, c’est selon. “Que fait-on des épingles ?”  En joke je répond, “ben, il faut les regrouper par 4, ça va être plus facile pour les coureurs de les prendre”… vous savez quoi, ma belle gang de bénévoles s’installe à une table et s’en donne à cœur joie !  8 boites contenant chacune au moins 500 épingles !!  Le tout dans le rire et la bonne humeur.  C’est là que j’ai réalisé que j’avais une belle équipe et une bonne partie du stress s’est envolé.

Ensuite, c’est la distribution. “Quelle distance ?  À quel nom svp ?”  Au début, c’est un peu n’importe quoi, on est pas trop certain de comment s’organiser.  Mais c’est tranquille donc on s’en sort.  Puis Marie-Noëlle organise les listes par distance… oh boy que ça va TEL-LE-MENT mieux ainsi !!!  Lorsque j’ai dit que j’apprenais, en voici un très bel exemple.

16h arrive, c’est la fin de cette première journée de distribution et à voir les boites toujours pleines, on va avoir un gros GROS dimanche matin !!

Et il arrive vite ce dimanche matin. Après une nuit à virailler, le café est de mise. Les portes ouvrent à 7h. Le départ du demi est à 8h30. La foule arrive, cette fois, j’ai désigné les places, deux personnes par distances. Les duos se sont naturellement fait et ça roulait rondement.

Je me suis installé aux inscriptions sur place et go !  Je dois dire qu’à mon poste aussi ça roulait, mais ça roulait bien et les coureurs étaient tous heureux, c’est tellement plus facile lorsque tout ce beau monde a le sourire aux lèvres…. malgré la pluie qui était elle aussi au rendez-vous pour une 2ème année consécutive.

Mes moments préférés ? Lorsque je remettais des dossards aux enfants !  L’illumination dans leurs yeux !!!  Un mélange de fascination et de “Je fais quoi avec ça maman ?” Priceless. Coup de cœur pour la petite Rose Taillefer, qui du haut de ces trois ans, bottes de pluie rose aux pieds, est aller faire son 1er km avec son papa.

Je vais terminer en remerciant tous les bénévoles qui ont fait de cette fin de semaine une réussite, mais tout particulièrement, et en mon nom personnel, ma gang à la remise des dossards ! Vous êtes tous les bienvenus l’an prochain si le cœur vous en dit !

Crédit photo : Rémi Minville

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Le demi qui ne devait pas être

Mont St-Grégoire, samedi le 29 avril. Je devais simplement accompagner Chérie, ma sœur, mon beau-frère et quelques collègues coureurs. Comme j’adore la photo, je me suis dit que j’allais en profiter pour prendre quelques clichés de coureurs en action.

**24h plus tôt**

Courriel de ma petite sœur: “Ça te dirait de courir le demi de demain gratos ?”.  Pour résumer, mon beau-frère s’est fait une ampoule, que dis-je, une AMPOULE. L’inconfort fait de sorte qu’il ne se sentait pas d’attaque pour le demi, il a donc pris le dossard du 10km de ma cousine (dont je ne sais toujours pas pourquoi elle n’y était pas…) et j’ai hérité du 21.1 km… mon 3ème !  Qui je suis moi pour dire non ??

La municipalité du Mont St-Grégoire, ce n’est pas gros, donc pour insérer un demi marathon, il faut être créatif… eh bien, à la boucle de 15 km, les gentils organisateurs nous on ajouté un aller-retour de 6.1 km. (Je vais y revenir)

Donc au départ, Je souhaite bonne course à Chérie et je me place derrière le lapin de 2h. Mon objectif étant de rester collé jusqu’au km #15 pour ensuite, si énergie il reste, le passer et ainsi améliorer mon chrono de 1:59:45 fait cet hiver, au Demi marathon des Glaces.

Quelque secondes avant le départ, les coureurs sont fébriles, tous la main droite sur le poignet gauche, un œil en avant et l’autre sur LA MONTRE… (riez pas, on le fait tous !!!)

Et on part.  Au fil des 3 ou 4 premiers km, le rythme est bon, le lapin ne s’éloigne pas. Tout le monde est de bonne humeur, mes jambes sont dedans et finalement je le trouve un peu lent le lapin… donc je le passe, bien plus tôt que prévu.

Arrive l’aller-retour… un beau rang, pour paraphraser Laurianne (vous irez la lire, ça vaut le détour !); Un looooong stretch bin drette qui ne finit plus finir… Sérieusement, c’était comme sur un tapis roulant… mais avec du vent dans la face !  Et courir alors qu’on sait qu’on va repasser par le même décors dans pas trop long… enfin.

Au moins, il y a le fait qu’on croise tous les coureurs… ceux qui sont déjà sur le retour, et ceux qui n’ont pas fini alors que mon retour à moi débute.  On entend quelques “On lâche pas.. let’s go”.  Finalement je vois Chérie !!  High five et on continue !

Plus les km défilent et plus le rythme est bon.  La mécanique fait le travail, je n’ai pas l’impression de forcer, bref ça va biiiiiieeeeennn !

14 ou 15ème km, j’engouffre la barre de pâte de fruit et on profite du point d’eau, ce boost de sucre va m’aider à soutenir mon allure.  Ça et l’orgueil d’essayer de suivre et de dépasser quelques coureurs d’ici la fin.

Arrive finalement le faut plat, il reste 4 km à faire, j’ai assez vu d’érable pour les 53 prochaines années et je commence à avoir hâte d’arriver. Je baisse la tête, je ne veux pas voir que ça monte, je veux juste passer au travers. Et là, je me parle, je me dis de ne pas lâcher tout en me disant de me la fermer, j’essaye de m’encourager en même temps que je souhaiterais juste être dans une bulle et que la tête ne pense pas.

Essayez de ne pas penser à quelque chose.. eh bien voilà, vous venez d’y penser… eh bien là, c’était pareil, mais avec 17 km dans les pattes !

Mais tout ce qui monte, redescend !!!  Il ne reste que 2 km et je sais que je serai bien plus rapide que prévu à la fin.  Pente aidante, j’accélère le rythme.  Il y a de plus en plus de monde au bord de la rue, les encouragements s’intensifient, bref, je trouve mon 4ème souffle (oui parce que j’en ai passé les #2 et #3 dans la petite montée).

Plus que 400 m, je commence à pousser… je tourne le coin, 200 m seulement, l’arche est juste là.  J’accélère encore, fuck it, je me vide.. au pire les ambulanciers sont juste là… à 150 m !  Oh un photographe.. fait des beaux pas, lève tes genoux, tiens toi droit, VOLE !!!

Le M. dans le micro prononce mon nom, je regarde ma montre et c’est plus fort que moi, je lâche un cri.. mais un vrai là !!

Au final, je viens d’améliorer mon chrono de 4 minutes ! Chip time officiel : 1:55:45 !

Next up : demi marathon d’Ottawa… là où tout à commencé 2 ans plus tôt !

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