Ultimate bouette !

Y mouille, depuis le début du printemps, il mouille.  Nous voyons le 1er juillet arriver et on se dit que les piste n’auront pas le temps de sécher, ça va être un trail mouillé.

Je fais quelques sorties en sentier plat (le mot clé ici est plat) avec mon beau-frère, question de se pratiquer dans les roches et racines, question d’avoir un peu le feeling de ce qui s’en vient. Les sentiers étant détrempés, on se dit à la blague que si jamais il y a de l’eau sur le parcourt à St-Donat, on saura c’est quoi. Je ne vous raconte pas comment nous étions dans le champ…

Dans la semaine qui précède, on regarde la météo et on ne voit pas beaucoup le petit icône de soleil en date du 30 juin et premier juillet… en fait, c’est 100% de probabilité de pas de soleil.

Donc, vendredi soir, direction Motel la Cuillère à Pot, situé à quelques minutes du centre-ville de St-Donat.  On se donne rendez-vous pour souper, quelques membres de la famille. Cette fin de semaine, nous accompagnons mon beau-frère cité plus haut, qui se paye un cadeau pour ces 40 ans. Expérience du souper atroce, au moins, la nourriture était bonne parce que le service lui, on repassera…

Sortie du resto, il mouille !  Ça promet pour demain !!!  Après une nuit pré-course, c’est à dire une nuit où on ne dort pratiquement pas, c’est le matin du trail.  Mon départ est à 11h, navette à 10h.  Je suis prêt, j’ai hâte d’aller jouer et devinez quoi… eh oui, il mouille encore !

Consigne d’avant départ, c’est simple, suivez les flags roses et vous arriverez au bout.  Selon le responsable de notre départ, ça fait environ… 3 ans qu’il pleut, donc les sentiers devraient être humides.

Nous débutons par une montée qui mène au 1er ravito, soit à 7.5km.  La montée seule elle, fait 7km. Donc on grimpe, avant même le 1er tier de la course, je vais avoir franchit le plus haut sommet du parcours de 21km. Et que fait la pluie à flanc de montagne… elle descent ! (et fait de la bouette… il y en a partout !)  Je dois rapidement faire appel à mes 2ème, 3ème et 4ème souffles… et mon 1er “pourquoi ?”.  Une heure après le départ, le ciel ouvre ! Et si avant il mouillait, là c’est carrément le déluge !  Vous savez, question de rendre l’ascension encore plus facile.  Il pleuvait tellement que j’ai croisé Noé qui s’appétait à larguer les amarres de son arche !

Ah, le sentier descent.. enfin !  On peut finalement courir un peu, même ma montre me dit qu’il était temps qu’on commence à bouger !  Plusieurs flaques de bouette, quelques unes sautables, mais une fois qu’on met le pied dedans, on se fait à l’idée et on y va gaiement. Arrive enfin le 1er ravito… 1h40 que ça m’a pris pour faire 7.5km… la journée va être longue !!!  La pluie a ralentie par contre, ça devrait aider.

S’en suit une descente de 3km avant le prochain ravito, on peut courir et tout va bien.  La section facile du parcours.

Un petit 3km de faux-plats avec quelques petite montée, mais ici, il y a beaucoup d’eau, qui descent le sentier que je dois monter !  C’est la première fois que je cours à contre-courant ! Je ne serais par surpris de me faire doubler par un saumon ou deux !  Et ça commence à être boueux, et il se remet à pleuvoir, et le fun ne fait que commencer !

Arrive au pied du monstre, pas nécessairement le plus haut, mais celui avec le plus d’inclinaison. Nous sommes à la station de ski la Réserve et nous montons une piste, pas une petite chochotte de carré bleu, nenon, une vrai double diamond !! Et devinez ce que nous avons en prime… de la bouette !  Voilà les premiers trous sérieux, en montant pendant que l’eau descent… bref, des conditions gagnantes !

Après beaucoup d’efforts, quelques pauses et un ou deux autres “pourquoi ?” J’arrive enfin au sommet ! Yéééé…éé.éé…… euh non, c’est un faux sommet, la piste tourne pratiquement à 180 et devinez par où je m’en vais ?  Vers les cieux !!!

Ravito surprise en haut ! (il n’est pas sur la carte)… j’engouffre un gel et un sac de dattes, quelques pretzels et deux ou trois verres d’eau !  Ah que ça fait du bien !!!  Ensuite, ça ne fait que descendre de nous dire le M. Ravito…

Sauf que ce qu’il avait oublié de dire, c’est que la piste est littéralement à 45 degrés, bouetteuse à souhait et extrêmement glissante.  Ma technique de dérapages contrôlés est définitivement à pratiquer si j’en crois mes quelques débarques.

Arrive ensuite mon pire souvenir de la fin de semaine, une descente très technique, dans des rochers (oui, ils étaient assez gros pour avoir droit au qualificatif de rocher). Je gambade d’un à l’autre, tout est sous contrôle jusqu’à ce qu’une épinette frustrée me fasse une jambette; c’est le plongeon vers l’avant et les rochers susmentionnés. Mes mains arrivent devant moi… mais chaque coté d’une roche, que je vois approcher bien trop rapidement à mon goût… surtout au goût de mes dents ! Je suis passé à quelques pouces d’un casse-tête dentaire. J’ai réellement eu la chienne.

Les mètres suivants se sont fait sur des jambes chambranlantes et avec une assurance qui n’était pas du tout rassurée.

Dernier ravito, il ne reste que trois petits km à faire.  Enfin je suis arrivé… ben non.  La fameuse bouette du titre, elle y était toute ! On passe de mi-soulier à mi-mollet !  On sort d’un trou, on fait quelques pas de course et plouf, un autre trou. Impossible de courir puisqu’on ne voit pas où on met les pieds, donc on patauge dans la bouette. C’est à croire que les organisateur en on commandé tellement il y en a !

Petite montée, coude à droit et replouf… un ostie de lac de bouette !  Je m’arrête d’un coup, met les mains sur les hanches et je pars à rire… je regarde le lac droit dans les yeux et je lui lance un fuck you bien senti… accompagné des deux doigts d’honneur.  Et j’y fonce, en ligne droit, j’en ai ras le pompon et j’ai juste hâte de finir… C’est là que Karma décide s’en mêler, j’ai pas fait trois pas que plooooooouuuuuf, la jambe droite jusqu’au genou.

Et à ce moment, je me suis dit ce que probablement tous les coureurs à qui s’est déjà arrivé ce sont dit : Oh shit, faut que le soulier suive la jambe !!! Heureusement pour moi, Karma a eu pitié et le soulier à suivi.

Petite note ici, mes souliers sont en GoreTex, super pratique puisque imperméables… sauf que lorsque l’eau passe PAR DESSUS la cheville, le soulier est aussi imperméable dans le sens inverse… c’est à dire que l’eau reste DANS le soulier !  C’est assez comique d’entendre des flouk-flouk-flouk-flouk lorsque vous courrez sur le sec ! Bref, un rendez-vous à MDLC s’impose sous peu.

L’arrivé arrive enfin, je titube, c’est difficile et là, j’entend crier GO GO JF, T’ES RENDU !! Ma Chérie et ma sœur gueulent comme des fans des Beatles, ça me donne le petit boost dont j’avais besoin pour terminer…

4h17 de gros fun bouetteux !  On y retourne quand !!?

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